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 MessagePosté le: Mer Avr 01, 2015 6:19 am 

Adrianstork
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Interview de Frédéric Delâge (version longue)



Nous allons commencer avec la question traditionnelle de Musicwaves, quelle est la question qu'on t'a trop souvent posée ?

Aucune, je ne suis pas suffisamment sollicité pour des interviews pour faire face à ce genre de problème. Mon métier de journaliste fait qu'en général, c'est moi qui pose les questions !

Comment es-tu venu au rock progressif et quel est ton premier choc prog ? Comment devient on horloger du progressif?

Je ne sais pas si je suis un horloger du progressif, je te laisse la responsabilité du terme même s'il est plutôt flatteur, du moins j'espère ! Je suis venu au progressif…. progressivement. En découvrant The Beatles à l'âge de 12 ans, puis Mike Oldfield et Supertramp à 13-14 ans, puis Genesis à 15-16 ans qui fut, si l'on peut dire, mon premier « choc prog » !. Assez vite, je me suis mis à écouter aussi Yes, Van der Graaf Generator, King Crimson… Mes goûts m'attiraient davantage vers ce rock sophistiqué anglais des années 70 que vers celui de mon époque, les années 80, que je trouvais généralement plus froid, plus formaté. Je crois que c'est en compulsant la rubrique « pop rock » d'un Quid des années 80 que j'ai découvert que j'écoutais pour l'essentiel du rock progressif, comme M. Jourdain faisant de la prose sans le savoir ! Au fil des années, j'ai poussé mes recherches plus loin, puis j'ai collaboré à plusieurs magazines, notamment Rockstyle qui m'a permis d'interviewer de nombreuses figures du genre dans les années 90. Et puis au début des années 2000, comme il n'existait pas de véritable livre en français sur le prog, j'ai décidé d'en écrire un moi-même, ce qui a donné « Chroniques du rock progressif 1967-1979 », paru début 2002.



Est-ce que tu considères Prog100 moins comme une simple réédition (certaines chroniques d'albums chroniqués -sauf erreur- se trouvent déjà dans ton premier livre, mais tu n'as pas fait de copier-coller) que comme la poursuite de Chroniques du rock progressif qui s'arrêtait en 1979?

C'est évidemment la poursuite du premier livre. Par rapport au précédent, sur les 100 albums chroniqués, il doit y avoir 27 disques en commun, dont j'ai remanié les textes, plus ou moins en profondeur selon les cas. En 2001, je n'avais pas forcément envie de m'aventurer au-delà de la période classique des seventies. Mais aujourd'hui, le contexte a changé, les influences progressives ont de nouveau un impact sur des groupes mainstream, et la définition du prog s'est aussi élargie, il suffit de voir les groupes au sommaire chaque mois du magazine anglais Prog. Le terme progressif n'est plus réservé aux seuls héritiers directs de Genesis et de Yes, et c'est tant mieux ! Prog 100, comme son sous-titre l'indique, fait aussi le lien entre les précurseurs des sixties, les grands classiques des seventies et les héritiers modernes du progressif, en suivant une acception du terme relativement large.

Un seul album par groupe était-ce un choix éditorial? Est-ce que cela ne déséquilibre pas la donne au regard de l'histoire du rock progressif? (cela peut donner l'impression que [b]T2 est aussi important que Rare Bird, Caravan ou Yes).[/b]

Un seul album par groupe, c'est au départ le choix éditorial de l'éditeur Le Mot et le Reste, pour respecter le principe de ses autres parcours discographiques, Reggae 100, Africa 100, Electro 100 etc., et ouvrir au maximum le nombre de groupes évoqués tout en restant sur le principe d'une centaine de disques chroniqués. Je comprend tes réserves par rapport à ça, mais je me suis efforcé de contourner le problème en brossant les grandes étapes de l'histoire du rock progressif dans une introduction d'une trentaine de pages. On y perçoit donc clairement quels sont les groupes majeurs. Ensuite, chaque chronique étant conclue par une discographie sélective, plus ou moins fournie selon les cas, la lecture du livre fournit une idée précise de l'importance respective de chaque groupe. Mais il ne faut pas considérer ma liste de 100 disques comme celle des 100 meilleurs albums de prog de tous les temps. « Chroniques du rock progressif » s'en rapprochait un peu, du moins pour ce qui concerne les seventies. Là, c'est d'abord une sélection, la plus ouverte possible, pour donner envie au lecteur de (re)découvrir toutes les facettes du prog, de ses débuts jusqu'à aujourd'hui.

Prog 100 contient certes deux pages par album, mais s'avère une synthèse réussie dans laquelle on apprend toujours quelque chose de nouveau. Pourtant paradoxalement, certains albums sont survolés ([b]PFM, Jethro Tull, Banco del Mutuo Soccorso, d'ailleurs tu n'as pas parlé du récent décès accidentel du chanteur) au profit de l'histoire du groupe? Etais-tu conscient de ce risque ou acceptais-tu d'emblée de ne pas être exhaustif même sur le contenu? Pourquoi n'as-tu pas fait de renvois avec l'introduction où tu avais expliqué la place de ces groupes dans l'histoire du prog?[/b]

Lorsqu'on se lance dans le projet de chroniquer cent disques de cent groupes différents, on doit accepter d'emblée le fait qu'il est impossible d'être exhaustif, d'autant plus lorsque lesdites chroniques sont sur deux pages ! Et je ne suis pas sûr qu'être exhaustif soit vraiment souhaitable hors du cadre spécifique d'une biographie consacrée à un groupe précis, et encore, on ne peut jamais l'être totalement. Donc, à chaque chronique, c'est un équilibre à trouver entre le contexte, l'histoire du groupe et l'album lui-même, et les proportions peuvent fluctuer d'une chronique à l'autre. Pour répondre sur le point précis du décès du chanteur de Banco, je n'en ai pas parlé volontairement. Tous les artistes des seventies sont malheureusement appelés à disparaître dans les quinze ou vingt-cinq prochaines années, je ne vois pas l'utilité d'évoquer un décès plus qu'un autre sous prétexte qu'il est récent au moment de l'écriture, sinon j'aurais pu aussi évoquer ceux de Rick Wright, Peter Bardens et j'en passe. Depuis la sortie du livre en octobre, on a d'ailleurs dû déplorer les disparitions d'Edgar Froese et de Demis Roussos !…



Au regard de l'histoire du prog, n'est-il pas un peu paradoxal de débuter un livre sur le rock progressif, non par l'évidence In The Court of the Crimson King de [b]King Crimson mais par le premier album de Family, qui n'est au final que très peu progressif malgré sa bonne humeur?[/b]

Je consacre un long passage à In The Court of The Crimson King dans l'introduction du livre, pour souligner son importance historique, ce qui m'a permis de chroniquer un album de la période 73-74, en l'occurrence Red, période que je considère comme la plus passionante de l'histoire de King Crimson. Le livre annonce dès son sous-titre qu'il commence avec les « précurseurs ». Donc débuter les chroniques par un album de pop psychédélique, qu'on peut quand même à maints égards considérer comme « proto-prog », ne me paraît pas si paradoxal que ça.

Il y a une volonté qui rejoint le travail de [b]Jérôme Alberola d'élargir et d'éclairer les influences progressives de certains groupes, est-ce pour toi essentiel de ne pas te fermer à tous les horizons musicaux?[/b]

Bien sûr que c'est essentiel, d'autant plus lorsqu'on parle d'un genre de rock qui est censé se nourrir d'ouverture d'esprit et de métissage des styles. Ça ne m'intéressait pas de m'en tenir à des groupes 100 % prog. D'ailleurs, existent-ils vraiment ? Même dans des albums emblématiques, comme « Tarkus », « Fragile » ou « Selling England by the Pound », on trouve des morceaux plus pop ou plus rock'n roll ! Etre progressif, c'est autant un état d'esprit qu'une marque de fabrique stylistique, d'où la présence dans le livres de groupes comme Strawbs, 10cc, Cardiacs, Tool, Sigur Ros ou Archive qu'on peut considérer respectivement à dominante folk, pop, pop/punk, metal, post-rock et electro, mais qui ont chacun à sa manière un côté clairement prog.

Comment as-tu choisi les groupes qui pouvaient entrer dans le premier voyage en 100 albums et ceux qui ont été assigné à la réserve ? Comme [b]Pendragon, Fish, Steve Hackett, Rick Wakeman, The Enid qui auraient mérité leur place dans le premier voyage ? (ce ne sont pas mes groupes préférés ceci dit, mais leur importance est elle indéniable?).[/b]

Là encore, c'était une question d'équilibre à trouver entre l'importance historique du groupe, son influence, la valeur de l'album, son originalité etc. Je me suis efforcé de privilégier les créateurs par rapport aux suiveurs, même si ça peut paraître prétentieux ou artificiel de dire ça, en tout cas un peu subjectif. Je ne vais pas nier que mes goûts personnels rentrent aussi en ligne de compte pour le choix final, mais ils ne doivent jamais être le seul critère. Certains choix ont été douloureux, c'était inévitable. J'ai donc tenu à ajouter cette seconde liste de 100 autres groupes/albums où figurent des artistes qui auraient effectivement pu faire partie des chroniques proprement dites. D'ailleurs, ma première liste comportait au départ environ 120 disques, que j'ai dû réduire à 100 et The Enid, qui était dans mon livre précédent, y figurait encore...



Dans l'introduction, tu décris le rock progressif comme une alchimie, ''puiser en partie à leurs [différents genres] pour en faire jaillir un rock nouveau, en perpétuelle évolution?'' Est-ce que la nature du rock progressif est ésotérique et réservée à des initiés?

Absolument pas, ce serait un contresens de la considérer comme tel. La démarche des groupes qu'on a assimilé au courant progressif dans les années 70 ne se voulait pas élitiste mais visait à concilier audaces musicales et popularité, même si le second critère n'était pas une fin en soi. Pour un certain nombre d'entre-eux, cela a d'ailleurs plutôt bien marché, il me semble. Après, bien sûr, à partir de l'arrivée du punk, les choses se sont gâtées. Il est vrai que dans le mouvement progressif, il y a aussi des courants, le RIO notamment, qui se veulent plus marginaux et qui sont toujours restés trop complexes musicalement pour toucher un large public, y compris dans les années 70. La nature du rock prog est incompatible avec le formatage commercial, c'est un fait, mais n'est pas destinée à rester ésotérique et réservée à des initiés. Même après les années 70, des groupes comme Marillion ou Dream Theater, ou même Steven Wilson aujourd'hui dans des proportions moindres, ont rencontré du succès. Ils sont évidemment des cas exceptionnels, la musique un peu sophistiquée et les longs morceaux ne sont pas exactement ce qui se vend le mieux, et le rock prog demeure une musique relativement exigeante. Et il n'est pas le style le plus soutenu par les médias pour user d'un doux euphémisme..

Tu es fan de [b]Van der Graaf Generator, pourquoi n'as tu pas choisi Still Life pour ornementer la pochette? (au profit de celle de The Mars Volta)[/b]

J'aurais adoré mettre en couv « Still Life » : c'est un de mes albums favoris et sa pochette est magnifique! Mais il ne fallait que quatre disques sur la couverture, et je voulais par rapport à l'esprit du livre, « des précurseurs aux héritiers », réserver deux des quatre images à des groupes modernes, relativement connus et dont le côté prog ne se limite pas à une redite des années 70. J'ai donc choisi deux disques emblématiques et très connus du prog classique, «The Lamb... » de Genesis et « Red » de King Crimson, et deux disques d' « héritiers » pour le coup vraiment modernes, « OK Computer » de Radiohead et « Frances The Mute » de The Mars Volta. Ces quatre pochettes ont aussi l'avantage de donner une déroulé visuel très cohérent et esthétique, alternant blanc et noir, avec un côté tendu et mystérieux qui a d'ailleurs beaucoup plu à l'éditeur. J'aime aussi le fait qu'on y retrouve deux pochettes surréalistes de Storm Thorgerson, celles du Genesis et du Mars Volta, malgré les plus de trente ans qui les séparent...

Question traditionnelle de Musicwaves, choisis un chiffre entre 1 et 3. En fonction du chiffre choisi, je t´assignerai une album sur lequel j´aimerai ton point de vue.
D´accord, alors 2.



(découvrant son choix). Je connais bien cet album. Ambiance pastorale genesisienne, excellent disque entre folk anglais et prog symphonique, qui confirme à quel point Ant Phillips fut important au début de Genesis et contribuera à forger l'identité du groupe (du moins celle qui resta la sienne jusqu'à la fin des seventies).

Question masochiste : Dans une interview, tu as dit ne pas être fan de la scène progressive japonaise ? Peux-tu conseiller à nos lecteurs un album de prog japonais à écouter?

Je ne suis pas fan de la scène progressive japonaise car je trouve qu'elle est trop marquée par le mimétisme. Cela dit, je peux conseiller aux fans d'Emerson Lake & Palmer de jeter une oreille, et même (voire surtout) un œil, sur le groupe Ars Nova dont le seul intérêt ne réside pas (toujours) dans la seule plastique de sa claviériste Keiko Kumagai !



Question pratique : Dans quel ordre écoutes-tu les albums d'un groupe?

Cela dépend des cas, mais généralement, lorsque je ne connais pas un groupe, j'aime commencer par celui qui est considéré comme leur meilleur album ou en tout cas un des meilleurs. Mais il n'y a pas de règle absolue. Pour Genesis, j'ai commencé avec « Three Sides Live « .Si j'ai envie d'explorer une discographie, je ne suis pas forcément l'ordre chronologique.

[b]Aymeric Leroy voulait écrire un encart sur le rock progressif breton, dans lequel il aurait inclus [b]Dan Ar Braz et Alan Stivell. Est-ce que tu aurais pu chroniquer l'un de ces albums dans Prog100?[/b]. Que penses-tu de certains artistes français catalogués arbitrairement en variété (Christophe, William Sheller, Nino Ferrer) qui ont, sans faire du prog pur, essayé de repousser les barrières musicales?[/b]

Disons qu'un album comme « Symphonie Celtique » d'Alan Stivell peut effectivement trouver sa place dans un ouvrage traitant de la musique progressive au sens large. Concernant les artistes français qui ont eu à certains moments de leur carrière un côté progressif, j'évoque dans l'intro du livre certains disques de Nino Ferrer, William Sheller mais aussi Manset ou Gainsbourg (« Histoire de Melody Nelson »). On pourrait en citer d'autres, par exemple Bashung pour la dernière partie de sa carrière, quand il citait en exemple dans une interview les longs morceaux de Van der Graaf Generator. Pour moi, l'artiste étiqueté « variété-française » le plus proche du prog anglais reste quand même William Sheller , capable d'alterner intelligemment pop et classique, rock et symphonique...

Je voulais évoquer un autre coup de coeur, le livre sur [b]Genesis ´´La boîte à musique´´, qui est un modèle de genre sur un livre consacré à un groupe : discographie détaillée, anecdotes, détails musicaux (géniale explication du titre Foxtrot), interview etc. Pourtant après le départ de Steve Hackett, on a l'impression que la période qui suit ne t'a pas beaucoup plu, car on retrouve moins de détails...[/b]



La période purement progressive de Genesis, autrement dit les seventies, est certes ma favorite, ce qui ne veut pas dire que la suite ne m'a pas plu. Je considère que Genesis a su rester vraiment créatif jusqu' à la période « Mama » en 1983. Ensuite, le succès de la carrière solo de Phil Collins a pris de telles proportions que le groupe a considérablement ralenti la fréquentation de ses retrouvailles, donc de ses albums. De 1969 à 1983, Genesis a sorti un nouvel album studio quasiment tous les ans (seules exceptions : 1975, 1979 et 1982) alors qu'entre 1984 à 1997, soit treize ans, il n'a publié que trois nouveaux disques studio ! Ce qui était une aventure humaine inscrite dans la continuité, avec des péripéties souvent passionnantes, de multiples remises en question, s'est mué en simples retrouvailles programmées et ponctuelles : fatalement, il y a moins de détails à raconter... Il y a aussi l'aspect des textes : ceux des années 70 racontent généralement des petites histoires qu'il m'a paru intéressant d'éclairer pour les fans francophones. Il y a nettement moins d'intérêt à décortiquer les paroles du groupe après sa période de « conteur ». Donc, je comprends ton sentiment par rapport au livre, à ceci près que pour moi, la « cassure », si l'on peut dire, est liée simplement à l'histoire du groupe.

Comment s'est déroulée l'aventure rockprogetc ?

C'est un blog de chroniques que j'ai créé (avec l'aide technique de Julien Gaullier) lorsque Crossroads s'est arrêté en 2011. Tout simplement parce que j'avais toujours envie de chroniquer certains disques. Cela dit, je préfère voir mes textes publiés dans des magazines ou dans des livres. Mais le blog a au moins le mérite d'exister, même si je l'alimente de manière plus ou moins épisodique.

Que veut dire défendre le rock progressif en 2014 à une époque où les masses veulent de l'instantané, des textes simples, des musiques courtes qui rendent heureux, représentant un flagrant deficit d'audace culturelle ?

Il y a forcément un aspect militant. D'abord parce qu'on écrit sur un genre de rock longtemps ignoré ou méprisé par une certaine presse rock, et qui l'est encore dans une moindre mesure. Ensuite, on est effectivement dans un contexte d'inculture musicale chronique, particulièrement en France. La technologie encourage plus que jamais l'immédiateté, le superficiel. Les valeurs défendues par le rock progressif, albums conceptuels, musique sophistiquée, longs morceaux, pochettes recherchées, sont à l'opposé de la culture des play-lists, de la dématérialisation , du zapping permanent. Défendre le rock progressif en 2015 a donc pour moi un côté décalé et même un peu subversif qui me plaît bien. Cela dit, ce militantisme n'a qu'un impact modeste et les meilleurs groupes de rock progressif n'ont évidemment pas le monopole de l'intelligence et de la profondeur musicale. S'agissant des artistes actuels, ma préférence va à ceux qui mélangent la sophistication et le lyrisme du prog à des influences plus modernes : le dernier album de Steven Wilson, Hand. Cannot. Erase, est d'ailleurs un modèle du genre. Ce n'est pas un hasard si Wilson est en quelque sorte devenu l'étendard du rock progressif actuel...

Que penses-tu du travail des autres membres du triumvirat du prog français ?

Jérôme Alberola a signé un bouquin passionné et très personnel. On peut peut-être lui reprocher d'avoir un peu trop privilégié ses propres goûts, en donnant beaucoup plus d'importance à Marillion qu'à King Crimson, par exemple, mais c'est son choix. Le livre d'Aymeric Leroy est une plongée très instructive au cœur de l'histoire du rock progressif stricto sensu, extrêmement détaillée pour toute la période des seventies et toujours très érudite, Aymeric étant un véritable encyclopédiste du prog.

On a commencé par la question que l'on t'a trop posé, a contrario quelle est celle que tu voudrais que je te pose ?

Peut-être une question sur l'esprit de Prog 100, qui est moins une leçon d'histoire comme le livre d'Aymeric qu'un guide pour donner des envies d'écoute qui vont bien au-delà de la seule liste des 100 disques chroniqués. J'aime cette idée de transmission, c'est d'abord elle qui me pousse à écrire sur la musique. Pour ce livre, j'ai tenté de n'exclure ni les spécialistes, qui auront plaisir j'espère à retrouver chroniqué des disques qu'ils connaissent et en découvriront peut-être une poignée qui leur avaient échappé, que les néophytes. Mais entre les hyper-connaisseurs et les néophytes, il y a surtout toute une gamme de mélomanes, ceux qui écoutaient du prog dans les années 70 mais s'en sont par la suite éloigné ou les plus jeunes, qui écoutent du post-rock ou The Mars Volta ou Archive : c'est sans doute à ceux-là, ni spécialistes, ni complets béotiens, que s'adresse en priorité Prog 100 .

Quel est ton meilleur souvenir en tant qu'écrivain ?

Je ne sais plus qui a dit, « je n'aime pas écrire, j'aime avoir écrit ».. Si je suis content d'une chronique ou d'un passage précis, la satisfaction vient après coup, lorsque c'est terminé, rarement dans le feu de l'écriture. Après, je n'ai eu malheureusement que très peu d'occasion de rencontrer des lecteurs, mais je reçois parfois des mails qui font plaisir. Et puis s'agissant de Prog 100, j'ai été agréablement surpris par l'accueil réservé au livre par une partie de la presse. Les journalistes rock du « Parisien » l'ont classé dans les dix livres rock de l'année, j'ai eu droit à une chronique positive dans « Télérama », « Jazz magazine » et plusieurs grands titres de la presse régionale en ont aussi parlé : c'est quand même un signe que les lignes bougent et ça aussi, ça fait plaisir.

Quel est ton meilleur souvenir en tant que spectateur ?

Difficile de n'en citer qu'un seul... Peut-être un concert de Peter Hammill en avril 1996, dans un petit bar de Bruxelles, l'Exito 13. Plus récemment, j'ai aussi beaucoup aimé les deux concerts auxquels j'ai assisté, à Paris puis à Bordeaux, de la tournée « The Raven » de Steven Wilson en 2013.



Quel est ton prochain projet?

Je n'ai pas de projet dans l'immédiat, mais j'ai quelques idées pour plus tard, surtout une, que je préfère ne pas dévoiler maintenant, tant que je ne suis pas absolument sûr qu'elle aboutisse !

 
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